Porter plainte après des violences est une décision profondément personnelle
Peur, culpabilité, envie de tourner la page… De nombreuses victimes hésitent avant de porter plainte. Cette décision appartient toujours à la victime. Pourtant, lorsqu’elle bénéficie d’une écoute et d’une information adaptées, son regard peut évoluer.
« Je voulais simplement que tout cela soit derrière moi. »
Une jeune fille de 17 ans est venue me rencontrer, accompagnée de sa mère.
Quelques mois auparavant, elle avait subi des violences physiques de la part de son ancien petit ami, majeur au moment des faits. Leur relation était terminée. Ils vivaient désormais dans des régions différentes. Pour elle, cette histoire appartenait au passé.
Porter plainte ne faisait pas partie de ses projets.
En effet, elle craignait des représailles. Son objectif était désormais de retrouver une vie normale. Une procédure judiciaire lui semblait l’obliger à revivre des événements qu’elle cherchait justement à oublier.
Pourtant, au fil de notre échange, elle m’a posé de nombreuses questions. Nous avons parlé de ses droits, du déroulement d’une procédure, mais aussi de ses craintes. Je ne lui ai jamais dit ce qu’elle devait faire.
Quelques jours plus tard, elle m’a rappelée.
Cette fois, elle avait pris sa décision. Elle souhaitait déposer plainte et être accompagnée tout au long de la procédure.
Chaque victime avance à son propre rythme
En réalité, cette situation est loin d’être exceptionnelle.
Avant de porter plainte après des violences, de nombreuses victimes prennent plusieurs semaines ou plusieurs mois de réflexion.
En effet, plusieurs raisons expliquent cette attente :
- la peur de l’auteur ;
- la volonté de protéger ses proches ;
- le besoin de reprendre le contrôle de sa vie ;
- la difficulté à mettre des mots sur ce qui s’est passé ;
- la crainte de ne pas être crue.
En définitive, chaque parcours est différent. Chaque décision mérite d’être respectée.
Consulter un avocat ne signifie pas forcément engager une procédure
Pourtant, beaucoup de personnes pensent qu’un premier rendez-vous les engage immédiatement dans une action judiciaire.
En réalité, cette première rencontre sert avant tout à comprendre la situation.
Elle permet d’obtenir des réponses concrètes :
- Quels sont mes droits ?
- Quels délais s’appliquent à ma situation ?
- Comment se déroule une plainte ?
- Quels éléments peuvent être utiles ?
- Existe-t-il d’autres démarches possibles ?
Ainsi, et une fois ces informations en main, la victime reste entièrement libre de sa décision.
Pour en savoir plus sur le déroulement d’une procédure pénale, vous pouvez également consulter notre article « Audience pénale et victime : quel est réellement le rôle du procès ? » (lien interne).
Porter plainte peut répondre à plusieurs besoins
Chaque victime poursuit un objectif qui lui est propre.
Certaines souhaitent faire reconnaître les faits.
D’autres veulent protéger d’éventuelles futures victimes.
Certaines recherchent une indemnisation de leurs préjudices.
D’autres encore ressentent simplement le besoin d’être entendues.
Aucune de ces motivations ne prévaut sur une autre. Chacune mérite la même considération.
Le ministère de la Justice met également à disposition des victimes des informations pratiques sur leurs droits et les différentes étapes de la procédure pénale. (Lien externe : https://www.justice.fr)
Écouter. Comprendre. Défendre.
Si vous hésitez à porter plainte après des violences, un premier rendez-vous permet simplement de comprendre vos droits
Au cabinet, chaque dossier commence par une rencontre.
Mon rôle consiste d’abord à écouter l’histoire de la personne qui me consulte.
Puis à lui expliquer, avec des mots simples, les solutions juridiques qui s’offrent à elle.
Enfin, si elle choisit d’engager une procédure, je la défends avec la même conviction à chaque étape de son parcours.
Pour comprendre le rôle de la procédure, découvrez également notre article :
Audience pénale et victime : quel est réellement le rôle du procès ?
Parce qu’une victime reste toujours libre de ses choix.
Et parce que la première étape consiste souvent simplement à être écoutée.





